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Rossella Fumasoni 


Rapsodica 


œuvres récentes

vernissage samedi 26 mai


… L’interprétation des tableaux de Rossella Fumasoni se réalise sur le terrain  de la contraposition entre la concrète, réelle, et tangible décontextualisation  des motifs et de leurs corrélation donnée par, d’un côté, de la reconstruction fictive – imaginaire, et de la création poétique d’une légitimité possible des motifs d’autre côté. Cela signifie aussi que la suppression apparente de l’importance de la structure sémantique conventionnelle et transparente, de la légitimité immanent du tableau d’une narrative possible représente en même temps une provocation forte à la création d’une narrative légitimante à partir des fragments de la structure répétitive visuelle (réelle, banale, sans émotions, répétitive) du motif de base.

 

Cette impression d’une absence radicale et probablement cynique, imprudente, irresponsable, est, malgré cela, mise en discussion par le fait que Rossella Fumasoni introduit parfois, dans la structure répétitive, des éléments aux contenus plus complexes, voir énigmatique et prometteurs. Ces éléments étrangers (presque romantiques, potentiellement narratifs, souvent énigmatiques et même dérangeants et provocateurs), vont, par le biais d’allusions  (la plupart du temps vagues, énigmatique, non concrètes , jamais clairement définies) vers un autre niveau de narratives possibles qui ne se concrétisent pas et, pour cette raison, restent toujours latents. Ce disfonctionnement de la perception  et de l’interprétation des réalités des tableaux constitue  le centre de la stratégie globale poétique de Rossella Fumasoni, bien qu’elle n’agisse jamais d’une manière agressive et critique ni didactique et provocatoire.

 

Ce fait provoque une deuxième irritation, qui semble faire opposition à la neutralité apparente contenue dans les motifs, ou à la perception concrète, privées d’émotions des réalités visuelles. Le  spectateur a l’impression, qu’il s’agit ici d’anecdotes cachées, d’histoires qui restent dans l’ombre, de contextes curieux, mystérieux et inexplicables qui remplissent avec des histoires les plus diverses la structure répétitive des motifs. Rossella Fumasoni travaille avec des éléments plus complexes, associatif, mais aussi énigmatiques comme par exemple le clavier de piano discrètement placé dans la structure du tableau en  suggérant une contextualité personnelle, poétique, en donnant une sensibilité aux connotations musicales ; mais aussi les représentations du corps humain qui font penser aux images éducatives et mobilisant dans l’art et la publicité, de la propagande politique des années 20 et 30. Ces images qui montraient le corps féminin schématique et stylisé lors d’activités sportives dans des mouvements et positions diverses étaient des instrument conçu d’une manière mécanique  - volontaire, planifiée, crée  et  consciemment actionné, faisaient partie d’un système de signes corporel- physique ayant une grande efficacité communicative et mobilisatrice. Cette forme emblématique, schématisée, des corps féminins contient en soi en même temps des entités ironiques et fragiles donnant un effet global d’un graphisme  décoratif et visuel impersonnel et inexpressif, sans émotions et substantiellement  neutre…

 

Lorand Hegy





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