Rossella Fumasoni
Quelques mots sur son oeuvre

Au moment où le déni de la peinture est fortement marqué auprès des jeunes générations d’artistes, il existe toujours des envies de cette solution plastique “obsolète” ; Rossella Fumasoni fait partie de ces créateurs dont l’envie de peinture est toujours fraîche et présente malgré tout. Depuis plusieurs années elle s’est évertuée à jouer avec les formes et les couleurs, parfois en clignant de l’œil vers une certaine abstraction lyrique où la primauté était donnée à la couleur et où la forme n’était qu’une présence à peine soulignée sans discours ni symbole, avec, en prime, la pureté du geste de l’artiste. Les dernières œuvres de Rossella Fumasoni font état désormais d’une présence formelle marquée, supportée par moments par des objets clamant le plaisir de la peinture. C’est le cas pour “La vicina dello zero” où des “I mesi della settimana”, œuvres qui, grâce à des jeux de mot et des objets symboliques, réaffirment le rapport entre le peintre et l’écriture surréaliste. Ces tableaux, presque toujours accompagnés et rythmés par des formes obsessionnelles, provoquent un effet de surcharge rompu par la succession de chiffres placés en ligne ou qui se déroulent dans l’espace. Ces chiffres nous rappellent les titres choisis et les soulignent : les combinaisons numériques de la roulette pour “La vicina dello zero”, la temporalité des jours qui passent pour “I mesi della settimana”. Un cas à part : le tableau “Calendario” dans lequel apparaissent en clair les mois de l’année ; la langue choisie pour les nommer est ici le français, ce qui provoque un “accident” de lecture puisque le spectateur est interpellé par une langue autre que celle de l’artiste – une langue qui parle en sourdine, une langue dans laquelle les sons sont à peine susurrés par des lèvres en forme de papillon qui se posent sur une toile à matelas en formant un pentagramme et ses notes. L’œil est souvent attiré par des couleurs en mouvement, en forme de cibles ; dans d’autres œuvres comme “Clara” ou “Pin up”, ces couleurs et ces formes psychédéliques cachent pour mieux nous montrer des silhouettes de femmes nommées ou anonymes. Cercles un peu hypnotiques de “La vicina dello zero”, lignes parallèles rythmant le temps dans “Calendario”, formes ascendantes de “I mesi della settimana”, les éléments colorés montrent bien le rôle majeur que jouent l’envie de peinture et le plaisir de peindre dans les dernières œuvres de Rossella Fumasoni. * Aniello Placido
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