Marina Paris
Quelques mots sur son oeuvre

Le trait distinctif de Marina Paris est celui d’activer un mécanisme précis souvent lié à la mémoire et l’enfance, (voir I desideri risolti, œuvre réalisée en 1999 et qui est une énorme poupée de chiffons qui, assise par terre, avec sa présence surdimensionnée), occupe l’espace entier qui la reçoit. La mémoire personnelle et collective revient comme une réverbération dans des œuvres telles que Palla Al centro, de 2000, Giro-Giro-Tondo, de 2002. Les sons et la relation avec l’espace d’exposition constituent deux éléments fondamentaux pour les installations de Marina Paris ; très souvent ils sont conçus comme des environnements à forte charge sensorielle plus encore que visuelle. Le son est par exemple le thème principal de l’œuvre Global sound, projet réalisé pour www.radiartemobile.it à la 50ème Biennale de Venise (section Utopia) en 2003.Cette œuvre prenait sa source sur un mélange de voix enregistrées sur les marchés de Marrakech au Maroc, et dans le populaire quartier de Centocelle à Rome. L’œuvre Happy days, conçue par Marina Paris pour l’exposition Roomates/Coinquilini en 2004. Dans cette exposition qui se tenait dans un appartement de Rome, le son était constitué par les rires et les ricanements d’enfants déboulant du cagibi au fond du couloir. De grand intérêt sont aussi les œuvres qui naissent des enquêtes et des observations des parcs de jeux et des jardins publics (photographies dessins, et installations) (Origami, parco di Spinaceto, Roma 2000 ; Parco, Volume !, Roma 2003).Dans l’installation Parco, (in situ) les sons e, registrés dans plusieurs jardins publics, le parfum du pré disposé sur le sol, l’essence de l’herbe fraîchement coupée et le bruit de la balancelle qui touche un mur de façon répétitive, aident à créer l’atmosphère d’un vrai jardin public, et d’autre part nous rappelle des expérience (heureuses ou traumatisantes) cachées dans notre mémoire. La dernière enquête de Marina Paris semble encore se concentrer sur l’expérience de la traversée d’espaces publics et sur la perception que l’artiste a de ces passages. Le projet Attraversamenti (2004-2005) représente tout à fait cette nouvelle direction de recherche. Attraversamenti est une série de photographies de lieux dans différentes villes italiennes (format 80x150 cm.) et représentent des espaces quotidiens très proches de la mémoire personnelle et collective (écoles, hall de gares, salles d’attentes et couloirs). Ces lieux, une fois vides, révèlent une étrange ressemblance entre eux, une standardisation qui leur fait perdre leurs fonctions et leur identité habituelle. C’est justement à ce moment que l’artiste aime les photographier, pour essayer de cueillir leur nature d’espaces hybrides. c’est ainsi que, dans ces images, il devient difficile de faire la différence entre les couloirs d’un hôpital et ceux d’une école et vice-versa.Ce projet, comme bien d’autres, est développé par Marina Paris sous différentes formes de représentation et trouve sa déclinaison par le biais de différents médias : sculptures sonores, dessin, installation en situ. Dans ces dernières en particulier, l’objectif est de donner vie à des environnements capables de stimuler des expériences multi sensorielles étonnantes en sollicitant, et alterant en même temps, la perception visuelle et les processus mnémoniques. *Emanuela Nobile Mino.
   PLUGGED creations ©